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Nos
propositions
1) La définition du distributeur indépendant
Nous revendiquons tout d’abord une reconnaissance de la spécificité de
notre statut au travers d’une définition précise
du distributeur indépendant.
Nous souhaitons rappeler ici que ce qui caractérise à nos
yeux le distributeur indépendant, c’est d’abord une
situation économique fragile liée à l’absence
de fonds propres et à l’absence de garantie sur la vente
des droits dont il dispose, ce qui transforme la distribution de chaque
nouveau film en une prise de risque majeure pour la société.
Un distributeur est indépendant lorsque son activité principale
est le cinéma. Ceci exclut les filiales des chaînes de télévision
et des groupes de télécommunication. Le but d’un
distributeur indépendant, ce n’est pas de valoriser les
droits télévisuels, les droits vidéographiques,
mais de faire découvrir, dans les salles de cinéma, une œuvre
et un auteur exigeant au plus grand nombre : il s’agit de promouvoir
l’expérience collective et citoyenne que représente
le visionnement d’un film dans une salle obscure et de pérenniser
le tissu social et humain que représentent les salles art et essai
en France.
Cette définition du distributeur indépendant est pour nous
capitale. Elle nous permettrait d‘exclure les filiales des chaînes
de télévision des soutiens à la distribution, d’obtenir
une exposition et une durée d’exploitation correctes dans
les salles de cinéma, un quota d’achat de nos films par
les chaînes cryptées et hertziennes, et des espaces réservés
ainsi que des espaces et des grilles de tarifs spécifiques sur
certains leviers promotionnels (colonnes Morris…). Il convient
de souligner que toutes ces mesures profitent directement aux producteurs
indépendants et aux auteurs qu'ils défendent ainsi qu’aux
salles art et essai puisqu’elles permettent de renforcer la confiance
du marché dans la viabilité d’œuvres fragiles,
au lieu de se concentrer uniquement sur des films "grand public",
qui peuvent se révéler des désastres financiers
lorsqu’ils ne sont pas réussis.
2) Le numérique
Il faut que la transition vers le numérique s’accompagne
:
- d’un encadrement des pouvoirs publics au travers de la désignation
d’un prestataire techniquement indépendant chargé d’opérer
pour le compte et sous l’autorité du CNC une plateforme
de génération et de gestion des clés de lecture
du film (cf Rapport Goudineau, recommandation n°9).
- De la numérisation des contenus européens afin que le
marché ne soit pas laissé aux films américains ;
- D’une garantie d’interopérabilité ;
- D’une transparence accrue des rapports distribution / exploitation.
3) La refonte complète du système d’aides
actuel
Nous demandons également une refonte complète du système
d’aides actuel. L’arrivée du numérique va bouleverser
les rapports de force entre les différents acteurs de la filière
cinématographique. Il s’agit d’anticiper dés
aujourd’hui ces bouleversements afin que le compte de soutien ne
devienne pas un instrument de renforcement du marché mais bel
et bien un outil pour en corriger les imperfections. Il faut que notre
système d’aides, unique au monde, continue de favoriser
le cinéma français et européen et serve ainsi la
diversité culturelle.
Nous proposons donc que le soutien soit lié à un comportement
plus ou moins vertueux des différents acteurs au travers d’un
système de majoration et de minoration des aides automatiques
en fonction de critères qualitatifs objectifs et négociés.
En ce qui concerne le soutien automatique distributeur, nous pensons
qu’il est juste qu’il revienne en intégralité aux
distributeurs dont l’activité principale est le cinéma.
Une redistribution différente du compte de soutien distributeur
au profit des indépendants permettrait de soutenir plus fortement
la dynamique des distributeurs indépendants vers une politique
d'avances financières conséquentes aux producteurs, politique
qu'ils risquent d'abandonner au profit de choix plus faciles et moins
risqués d'importations et d'achats de catalogues.
4) Les rapports entre distributeurs et télévisions
Nous demandons, dans un troisième temps, de relancer la réflexion
sur les rapports entre distributeurs et télévision en France
et en Europe.
Nous proposons donc :
- de sanctuariser les cases cinéma actuelles afin de les rendre
très identifiables et ainsi fidéliser le public ;
- de travailler sur l’éditorialisation des films afin de
faire naître le désir de cinéma chez les téléspectateurs;
- de permettre aux chaînes de TV qui ont un véritable engagement
sur le cinéma en PT et 2ème partie de soirée de
profiter de certaines cases de jours interdits (comme le vendredi soir
pour ARTE par exemple) ;
- d’obliger les chaînes en clair et TPS de participer à l’effort
de sortie des films au même titre que Canal +.
5) Les propositions européennes
Dans le cadre d’Europa Distribution, il a été demandé à la
Commission Européenne :
- De reconnaître une définition juridique du distributeur
indépendant à l’image de celle qui existe dans la
directive TVSF pour le producteur indépendant ;
- De mettre en place des obligations de diffusion pour les chaînes
de télévision afin que le cinéma européen
continue d’être diffusé en prime time et seconde partie
de soirée sur les télévisions nationales. Ceci est
essentiel pour la circulation des films européens. En effet, l’une
des conséquences directes de la baisse de diffusion du cinéma
européen sur les TV européennes est la diminution de l’exportation
des films européens : les distributeurs qui achètent des
films européens comptaient jusqu’ici sur les ventes TV pour
amortir les risques de la sortie salles. Or la disparition progressive
de ce second marché entraîne une désaffection pour
la distribution en salles de films européens non nationaux jugées
trop risquée. A terme, c’est donc la diversité européenne
qui est en jeu.
Nous avons également demandé au programme MEDIA :
- d’introduire une dégressivité dans le soutien
automatique actuel afin de diminuer le risque pris par
le distributeur sur les premières
entrées ;
- de réfléchir à une aide au programme, afin de
favoriser la circulation des films en Europe ;
- de favoriser la numérisation des films européens pour
la VOD et pour la distribution en salles.
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