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| Le poids des indépendants | |||||||||||||
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Le
poids culturel des distributeurs indépendants en France et en
Europe
Les distributeurs indépendants, de concert avec les producteurs indépendants, favorisent le renouvellement des talents et leur font peu à peu rencontrer un large public. La plupart des grands auteurs français et européens ont été amenés au public par les distributeurs indépendants ; parmi eux : Pedro ALMODOVAR, Kenneth BRANNAGH, Laurent CANTET, Nuri Bilge CEYLAN, Claude CHABROL, Youssef CHAHINE, Isabelle COIXET, Luc & Jean-Pierre DARDENNE, Arnaud DESPLECHIN, Tony GATLIF, Robert GUEDIGUIAN, Bent HAMER, Michael HANEKE, Otar IOSSELIANI, Benoit JACQUOT, Jim JARMUSH, Aki KAURISMAKI, Abdellatif KECHICHE, Ken LOACH, Tonie MARSHALL, Nanni MORETTI, François OZON, Lars VON TRIER, Wim WENDERS, Michael WINTERBOTTOM… Ce sont ces auteurs, présents dans tous les grands festivals, qui représentent aujourd’hui un maillon indispensable du maintien des valeurs que revendique la culture européenne: diversité, qualité, ouverture sur le monde. Si l’on considère par exemple les films européens présents en sélection officielle au Festival de Cannes sur les trois dernières années, on constate qu’environ 85% d’entre eux sont distribués par des indépendants. Si l’on considère les films primés à Cannes, Venise et Berlin dans les 6 dernières années, on constate que 80% d’entre eux sont distribués par des indépendants. En France, il est manifeste que les distributeurs indépendants sortent beaucoup plus de films européens ou de productions franco-européennes que les autres. Si l’on se réfère aux statistiques 2005, on remarque que les films européens représentent 7% du total des films distribués par les sociétés de distribution non-indépendantes (2% pour les filiales de majors, 12% pour les filiales de télévision et 11% pour les sociétés affiliés à des groupes d’exploitation) ; et seulement 8% si l’on comptabilise les coproductions France-Europe. Si l’on regarde maintenant du côté des indépendants français, près de 25% des œuvres distribuées sont des films européens (non nationaux) et 35% sont des coproductions France-Europe. En 2005, les distributeurs indépendants représentent 25% de PDM pour 350 films distribués. Ainsi, lorsque la distribution indépendante est en péril, c’est la diversité même du cinéma qui est menacée : sans distributeurs indépendants, il n’y a pas de producteurs indépendants, et par conséquent plus d’offre diversifiée. On assiste alors mécaniquement à une baisse de la fréquentation dans les salles car le public est avide de diversité. De plus, les distributeurs indépendants, face à la violence du marché, « s’autocensurent » de plus en plus souvent, et n’osent plus prendre le risque d’amener au public des films avec des thématiques difficiles ou des films de cinématographies peu diffusées. C’est bien entendu la diversité de l’offre qui en pâtit en premier lieu. Il suffit de regarder la situation délicate des autres pays européens dans lesquels les distributeurs indépendants doivent de plus en plus souvent se faire distribuer par les majors américaines et maintiennent difficilement une part de marché du cinéma national oscillant entre 5 et 20% (19% en Allemagne et en Italie, 9% en Espagne). L’affaiblissement des distributeurs indépendants français semble pousser inexorablement la France vers des situations similaires, alors que la France a permis à de nombreux réalisateurs européens et étrangers d’exister : la participation d’un producteur et/ou d’un distributeur français au montage financier entraîne souvent la participation d’autres partenaires européens, « rassurés » par l’engagement français, et in fine permet aux films d’exister. C’est tout ce système qui est remis progressivement en question. |
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